Vendredi 13 novembre 2009
5
13
/11
/Nov
/2009
16:52
A LA UNE DE OUEST FRANCE DU 13/11/2009

A la une Manger bio coûte plus cher qu'on ne le pense mercredi 11 novembre 2009 Une étude du
magazine Linéaires, le mensuel de la distribution alimentaire, chiffre à 72 % en moyenne la différence par rapport aux produits traditionnels dans les grandes surfaces.
Idée fausse. Entre 20 et 30 % plus cher : c'est la fourchette habituellement donnée pour le surcoût des produits bio dans les hypers et les supermarchés par rapport aux produits traditionnels. Y
compris par les grandes surfaces, soucieuses de conserver leur image « prix » jusque dans la consommation « verte ». Ce chiffrage ne repose sur aucune étude sérieuse, à la connaissance de Florent
Vacheret, l'initiateur de l'enquête de Linéaires (1). Celle-ci n'est pas une « charge contre le bio », mais « une opération vérité ».

Beaucoup plus. Le relevé des prix de 664 produits ¯ 332 bio et 332
traditionnels strictement comparables ¯ dans des Carrefour, Intermarché, Leclerc et Géant Casino rennais, du 8 au 12 octobre, donne un surcoût moyen de 72 % pour le bio. Et près d'un produit sur
trois dépasse les 90 %. Florent Vacheret n'est pas vraiment surpris : « Intuitivement, dans les rayons, je me disais que c'était plus de 30 %. » Mais à ce point ? « Non, je tablais sur 50 %. »
Un coût. Si le bio est plus cher pour le client, c'est, d'abord, que ses contraintes spécifiques le rendent plus cher à produire (rendements), à transformer (petites séries) et à vendre (rotations
moins rapides, pertes). Bref, relève Florent Vacheret, difficile dans le bio de faire les fameuses « économies d'échelle » que permet la production de masse.
Peu d'offre. Une particularité du bio est que la demande est nettement plus forte que l'offre. Cela met en position de force les agriculteurs et les transformateurs pour imposer des prix plus
élevés. Deux catégories habituées aux exigences de la grande distribution. La progression du créneau bio est estimée à 25 %, l'an dernier, avec un chiffre d'affaires tournant autour d'un milliard
d'euros dans les grandes et moyennes surfaces. Et les années qui viennent s'annoncent également bonnes. Par ailleurs, les acheteurs de bio sont souvent plus aisés et moins regardants sur les
prix.
De la marge. Il ne faut pas confondre prix et marge. Si le différentiel de prix est en moyenne de 72 %, Linéaires cite un taux de marge inférieur de 10 points dans le bio de grande surface par
rapport au conventionnel. Autre confusion à éviter entre taux et volume de marge : le prix du bio étant supérieur, le volume de marge peut également être supérieur, ce qui compense. Et puis, il est
tentant pour hypers et supermarchés de se rattraper sur le bio quand la bagarre des prix bat son plein sur les autres produits. Y compris « sur des grandes marques désormais chez le hard discounter
Lidl, qui sert d'aiguillon ».
Démocratisation. Les grandes enseignes se vantent de démocratiser le bio en favorisant la concurrence. C'est vrai, les circuits spécialisés et traditionnels sont souvent plus chers et, dans bien
des cas, sans véritable concurrence. « Oui, affirme Florent Vacheret, la grande distribution fait entrer le bio dans la consommation quotidienne des Français, à des prix plutôt plus bas. Mais, à 72
% de plus en moyenne que le conventionnel, cet écart n'est pas entièrement justifié. »
Derniers Commentaires