Partager l'article ! Bien choisir sa crème bio: 29/10/2008 Labels multiples, appellations confuses, interrogations sur l'efficacité, la cosmétique bio ...
29/10/2008
Labels multiples, appellations confuses, interrogations sur l'efficacité, la cosmétique bio mérite quelques éclaircissements. Le point avec Anne-Claire Lambersy, de Naturalia.
Quelle est la
différence entre le label «éco» et le label «bio»?
Le produit bio doit contenir 95% d'ingrédients naturels, c'est-à-dire issus du règne végétal ou minéral, ce qui laisse une proportion de 5% autorisés pour les ingrédients de synthèse, notamment
certains agents conservateurs, difficilement remplaçables. Sur ces ingrédients naturels, 95% des ingrédients végétaux doivent être bio, c'est-à-dire issus de l'agriculture biologique. La
proportion est ramenée à 50% pour le label éco, moins contraignant que le précédent. Dans les deux cas, le cahier des charges exige également un mode de fabrication respectueux de la nature,
interdisant les tests sur les animaux et un certain nombre de substances comme les ingrédients issus de l'industrie pétrochimique (huiles minérales, paraffine), les silicones ou les parfums et
colorants de synthèse.
Quelle valeur ont les produits simplement dits «naturels»?
Aucune, car ce terme n'est absolument pas réglementé. On peut donc l'utiliser dès qu'un produit contient un extrait végétal, même s'il ne représente que 0,1% de la formule. Il est beaucoup
employé par opportunisme commercial. Certaines marques, non labélisées bio, font cependant un véritable effort sur le choix des ingrédients, les emballages et le processus de fabrication de leurs
produits. Elles n'ont pas toujours les moyens financiers, car se faire labéliser a un coût.
Avant tout, quelles sont les qualités de la cosmétique bio?
Elle aide au respect de l'environnement, ce qui est bon pour le moral... Mais c'est d'abord une attitude presque philosophique : se dire qu'on refuse d'utiliser des produits traditionnels qui
peuvent être certes efficaces pour la peau mais mauvais pour la planète. En revanche, comme pour toute crème utilisée, même bio, il peut toujours y avoir une intolérance, aux huiles essentielles
par exemple.
Le bio est-il plus cher?
C'est une idée reçue. Les marques bio investissent moins dans la communication que les autres, mais davantage dans la qualité des produits. Résultat, les prix, à circuit de distribution
équivalent, sont comparables.
y a 10 ans, quand on nous parlait de produits bio, on riait persuadées qu'il s'agissait d'une lubie hamish. Mais aujourd'hui, la cote du naturel ne cesse de progresser. Comment le bio est-il passé du statut d'indésirable à celui de coqueluche des marques et des consommateurs ?
Quand on hèle une personne dans la rue pour lui dire "ami, mange des carottes si tu veux être bronzé et avoir de belles cuisses", il se casse pensant avoir affaire
à une désaxée. Mais si Capital consacre un dossier spécial "Santé au naturel" le dimanche soir, forcément ça en jette plus. C'est un peu ce qui s'est passé avec la cosmétique bio. Il y a quelques années, les
médias ont commencé à sensibiliser le public aux ingrédients parfois douteux qui composaient nos produits de beauté.
Les convertis au bio dans l'assiette se sont alors remis en question : les efforts pour être en bonne santé s'arrêtent-ils au bout de la fourchette ? Non évidemment ! Pour mettre les produits bio
en avant, les marques ont fait l'article des composants naturels, et les médias ont relayé en pointant du doigt la dangerosité des composants chimiques, parfois mal signalés sur les étiquettes.
Et même pour celles que la nouvelle vague bio laisse de marbre, la perspective de se tartiner avec une crème dangereuse chaque jour ne pouvait que faire mouche.
En somme, le bio joue sur plusieurs terrains : la nostalgie, la sécurité, et la nouveauté, des axes de séduction imparables pour convaincre des profils de cliente divergents. Et ça
marche...
En 2006, une enquête TNS-Sofres indiquait que la moitié des femmes interrogées étaient prêtes à dire adieu à leur crème habituelle pour un produit bio, si celui-ci portait la garantie qu'il était meilleur pour la
santé. Forts ce des informations, les fabricants ont planché pour que les crèmes au caroube jusqu'alors reléguées au fond des magasins bio se changent en produits stars. Un vrai challenge,
puisqu'en plus de l'efficacité, le produit devait apporter la garantie à son acheteur qu'il comportait des ingrédients sains. Pour les marques, l'aubaine était de taille, puisqu'il "suffisait" de
remettre à jour les recettes de grand-mère, tout en poussant les médias à vanter ces nouvelles tendances naturelles... Le mot d'ordre : prendre soin de soi c'est prendre soin de ce qu'on
consomme.
Et de là, le marché s'est étendu comme une traînée de poudre : soins, produits de beauté, maquillage, huiles,... Les possibilités se déclinent à n'en plus finir. Les consommatrices se sont
familiarisées avec ces produits de qualité, pas plus chers, et se laissent séduire par de nouvelles gammes. Les marques remontent donc le temps pour retrouver de nouvelles recettes et planchent
sans cesse sur l'image des produits, notamment en peaufinant les packagings et les publicités. Certains misent sur le "used", tandis que d'autres surfent à fond sur le paradoxe ancien-moderne,
comme la marque Lush, qui ne cesse de séduire de nouvelles consommatrices par son audace.
Les pro-bio d'il y a dix ans n'en reviennent pas, et nos grands-mères seraient étonnées de voir qu'on ressort leurs
astuces pour nos jeunes peaux. Les marques lancent des gammes bio et même les grandes surfaces se font une place
sur le créneau. Alors qu'en 2005, le bio ne représentait qu'1% du marché, les professionnels tablent sur 30 à 40% de part de marché pour les années à venir. Autre signe de l'expansion, les 5,9
milliards de chiffre d'affaires du secteur en 2007, qui laissent à penser que le naturel a de beaux jours devant lui. Les français se taillent d'ailleurs une belle place dans ce marché,
puisqu'ils se placent juste derrière les Américains en terme d'innovation, avec 350 références sorties en 2007. Les marques profitent évidemment de cet essor, quitte à surjouer parfois la carte
de l'éthique, profitant des derniers instants de flou dans la réglementation. Une chose est à parier en tout cas : le marché des cosmétiques bio n'a pas fini
de s'étendre et saura séduire encore bien des consommatrices.
Et toi, déjà convertie au bio ou encore fidèle à ta vieille crème au parabène ?
et la nature?.....
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